Réussir sa vie professionnelle sans son bac

Interview de Jean-Philippe Péricard
Réussir sans diplomes

Pour commencer, parlons un peu de toi – qui es-tu, et quel est ton parcours ?

Je suis Jean Philippe, j’ai 31 ans et j’ai grandi à Châlons en Champagne dans la Marne. C’est là où j’ai fait mes études jusqu’en terminale. Mais c’est aussi là où j’ai pris la grande décision de ma vie – arrêter mes études avant de passer le bac et aller travailler.

J’ai commencé dès le lendemain de mes 18 ans, j’ai enchaîné plusieurs postes : manutentionnaire, équipier en fast-food, ce qui m’a rapidement permis d’obtenir mon premier CDI.

Mais j’avais besoin de plus, trouver un autre challenge – à l’âge de 20 ans j’ai passé mon diplôme de cariste mais rapidement mes premières missions en intérim m’ont convaincu que ce n’était pas fait pour moi. Toutes ces expériences m’ont aidé à grandir, et m’ont donné des envies d’ailleurs. C’est âgé de 22 ans que j’ai quitté ma Marne natale pour partir en Isère et travailler chez FedEx comme chauffeur livreur. 5 ans et 150 000 km après j’ai pu évoluer sur un poste de dispatcheur. Ça a été une grande satisfaction pour moi, j’arrivais enfin à toucher plus de 2000€ par mois sans avoir passé mon bac.
Après quelques années, j’ai pris la décision de quitter FedEx, j’avais 29 ans, j’avais fait le tour du poste et surtout les problématiques relationnelles au sein des équipes faisaient que je n’étais plus en accord avec mon travail. J’intégrais alors une société réalisant des logiciels d’exploitation de transport. Après seulement 3 mois, l’expérience s’arrête d’un commun accord car je n’étais pas à l’aise dans le poste… Comme quoi, on peut être né avec l’informatique et internet, mais les ERP c’est vraiment un autre monde (rires).
Ça a été un vrai coup dur professionnellement et personnellement. C’était la première fois que je subissais un échec dans ma vie professionnelle et c’était difficile d’accepter de ne pas être à la hauteur sur un poste. C’est là que j’ai dû faire un travail de remise en question personnelle et de me pousser à sortir une nouvelle fois de ma zone de confort.
Et toutes ces années après ne pas avoir passé mon bac, je découvre finalement le chômage. Ça n’aura pas duré longtemps mais c’était vraiment les 3 semaines les plus complexes à gérer de ma vie. C’était la première fois que j’étais sans emploi, sans but – je me sentais complètement perdu.
Heureusement, j’ai donc rapidement retrouvé un CDI dans une entreprise de télécommunication. Et aujourd’hui je travaille avec eux en tant que pilote d’activité sur les réseaux cuivre et fibre.

C’était la première fois que j’étais sans emploi, sans but - je me sentais complètement perdu.

Jean-Philippe Péricard

Je pense qu’en tant que personne on évolue par son travail et on le fait évoluer grâce à sa personnalité.

Jean-Philippe Péricard

L’évolution professionnelle c’est accepter de maîtriser son cadre de travail, et rechercher le challenge et le défi, c’est sortir de sa zone de confort pour augmenter ses connaissances et compétences.

Jean-Philippe Péricard

Pourquoi avoir fait ce choix de ne pas passer ton bac ? Est-ce qu’un événement particulier t’a poussé à prendre cette décision ? Quel a été ton raisonnement à l’époque ?

 

À l’âge de 16 ans j’ai subi une grosse opération des poumons. L’opération s’est bien passée mais il y a eu pas mal de complications qui m’ont obligé à louper pas mal de cours. Je pense que je n’ai pas fait les efforts nécessaires pour rattraper les cours correctement et passer mon bac dans de bonnes conditions. Ce qu’il y avait aussi, c’est que dans ma tête, l’école ne m’apportait pas ce que j’estimais nécessaire. Je n’ai pas réussi à trouver d’intérêt dans l’école, dans le cursus que je suivais pour aller jusqu’au bac et je ne m’imaginais pas aller plus loin…

Enfin la réponse se trouve aussi dans mon modèle familial. Mon père s’est engagé tôt à la SNCF et a gravi les échelons en interne. Il a toujours été mon modèle de vie et inconsciemment j’ai voulu reproduire son exemple.

 

Quelles sont les compétences sur lesquelles tu t’es appuyé ces dernières années ? Comment les as-tu développées ?

 

Celle que je mets le plus souvent en avant c’est ma polyvalence, j’ai eu plein d’expériences différentes, et je me suis toujours démené pour m’adapter du mieux que je le pouvais dans l’environnement que j’intégrais.

J’ai également développé une certaine capacité à prendre du recul. C’est-à-dire ma faculté à ne pas toujours réagir à chaud – prendre le temps de réfléchir et prendre de la hauteur pour avoir une meilleure analyse de la situation d’un point de vue global.

Tout cela s’est fait assez naturellement, mais je les ai perfectionnés en changeant régulièrement de travail pour progresser et améliorer mon cadre de vie… Ça m’a obligé à prendre du recul sur beaucoup de choses et m’a permis d’acquérir de l’expérience dans beaucoup de secteurs.

Développer ses compétences comportementales

Comment te projettes-tu dans tes prochaines étapes professionnelles ? Que mets-tu en place pour y arriver ?

L’évolution professionnelle c’est accepter de maîtriser son cadre de travail, et rechercher le challenge et le défi, c’est sortir de sa zone de confort pour augmenter ses connaissances et compétences. Aujourd’hui ce que je recherche c’est améliorer mon cadre de vie. Je vais rechercher des missions de travail qui me feraient de nouveau sortir de ma zone de confort et me permettraient d’augmenter mes compétences professionnelles, peu importe le secteur.

C’est l’envie d’apprendre qui me pousse mais pas d’une manière scolaire, c’est l’envie d’apprendre de façon pratique, en échangeant… Tu mets en place et tu vois immédiatement les résultats.

Ce que l’on a trop peu dans des secteurs de formations classiques. Souvent on se rend compte que dans ce que l’on a appris, on ne va appliquer que 10% de ces connaissances… Et le reste on doit l’apprendre soi-même par l’expérience. Et le fait qu’aujourd’hui j’ai autant d’expériences professionnelles à mon âge (31 ans) cela me permet d’être plus performant comparativement à des jeunes qui ont certes des diplômes mais moins cette expérience terrain.

La clé aujourd’hui, c’est d’oser et de se motiver à sortir de sa zone de confort. Je cherche toujours à comprendre les impératifs des personnes au-dessus et en dessous de moi, de manière à trouver les meilleures solutions, de détecter les nouvelles problématiques qu’on pourrait affronter, le tout pour faire avancer le groupe.

Et surtout il faut être capable d’une remise en question perpétuelle, et de toujours chercher à anticiper comment faire pour avancer en prenant en compte les contraintes de tous.

 

Avec tout ce que tu sais aujourd’hui, qu’est-ce que tu te dirais à ton toi plus jeune, au moment de faire ce choix ?

 

Ouah c’est une question complexe (rires) ! Je pense qu’il n’y a pas vraiment de bon conseil et j’aurais deux réponses :

La première serait de trouver les mots pour me forcer à passer le bac, pour accéder au cadre de vie que j’ai aujourd’hui, mais plus rapidement et facilement. Mais d’un autre côté je pourrais aussi m’encourager et me pousser à faire ce choix, car même sans diplôme on peut atteindre nos objectifs ! Ça demande plus de motivation, plus de temps et plus de travail. Mais au final on apprend plus et on sait plus de choses en partant de tout en bas qu’en arrivant directement à un échelon donné dans une société. J’hésite entre ces 2 réponses-là. Maintenant je penche plus pour la seconde car j’aurai peur de perdre mon côté débrouillard, et cette remise en question perpétuelle que je pratique aujourd’hui et que j’ai développée au fur et à mesure de mon parcours.

Je suis capable de partir loin de chez moi pour apprendre de nouvelles choses. Il est évident que je ne serai pas le même en ayant fait des études et j’aime complètement ce que je suis aujourd’hui et ces facultés, ces compétences que j’ai développées jusqu’à présent. Ma vie aurait été différente mais en aucun cas je regrette mes choix !

On travaille 20 / 30% de notre vie, et en travaillant, en continuant à se former au quotidien on se forme professionnellement mais aussi personnellement. Je pense qu’en tant que personne on évolue par son travail et on le fait évoluer grâce à sa personnalité.

La preuve en est, on a jamais le même raisonnement à 20 / 40 / 60 ou 80 ans et nous avons toujours la faculté d’apporter des solutions nouvelles à nos missions.

 

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